Le camp de Montautre fut réutilisé par les FFI qui partirent au moment de la libération
de Limoges. Ils étaient équipés de matériel roulant: plusieurs camions à Gazogène,
au moins deux tractions avant citroën et un gros tracteur" genre forestier" avec sa
remorque. Les maquisards passaient plusieurs fois par jour dans le village avec un
véhicule, soit un camion, soit un tracteur.
Un matin, je ne me souviens pas de la date, mais c'était peu de temps avant leur départ,
peut-être juillet 44 , il n'était passé aucun véhicule des maquis, quand tout à coup un
ronflement de moteurs me fit regarder sur la route venant de Fromental et là je vis une
file de camions (peut-être 10 ou 12) avec plein de soldats armés et casqués que
j'identifiai tout de suite comme étant des Allemands. Ils sont passés sans s'arrêter
au village, mais on voyait bien à leur attitude qu'ils étaient sur leurs gardes.
Nous avons su peu après leur passage, par Monsieur M. qui habitait au moulin de
Montautre, sur la route de La Souterraine qui ayant vu passer le convoi, avait
pris la route en vélo pour venir chez nous au Nouhaud.
Arrivé au croisement de la route de la gare de Fromental et de la route du Nouhaud, il
a entendu causer en Allemand, il s'est alors caché dans le bois, d'où il a pu voir les
soldats Allemands arrêtés à l'entrée du chemin qui menait au camp du maquis.
Les Allemands causaient très fort et mesuraient au sol les traces laissées par les roues
des véhicules des maquisards. Ont-ils été impressionnés par les traces du gros tracteur?
Toujours est-il ( et ce fut une chance) qu'ils reprirent leur route.
Autre fait, un matin de mai 1944 vers 5 heures le village du Nouhaud fut encerclé par des
G.M.R. qui fouillèrent toutes les maisons du village, probablement à la recherche de
maquisards. Ils regardaient dans tous les lits. N'ayant rien trouvé, ils quittèrent
les lieux assez vite, mais nous étions passés ce jour là à côté de graves ennuis.
Les maquisards avaient déménagé quelques jours auparavant du sucre provenant d'un
train déraillé sur la ligne Paris Limoges. Il y en avait peut-être 500Kg chez nous et
certainement dans d'autres maisons du village.