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Après le 19 août 1943

charbonnier vert juillet 44 jaune Fête Chabannes 1944 jaune

R. Charbonnier

R Charbonnier

Le camp de Montautre fut réutilisé par les FFI qui partirent au moment de la libération de Limoges. Ils étaient équipés de matériel roulant: plusieurs camions à Gazogène, au moins deux tractions avant citroën et un gros tracteur" genre forestier" avec sa remorque. Les maquisards passaient plusieurs fois par jour dans le village avec un véhicule, soit un camion, soit un tracteur.

Un matin, je ne me souviens pas de la date, mais c'était peu de temps avant leur départ, peut-être juillet 44 , il n'était passé aucun véhicule des maquis, quand tout à coup un ronflement de moteurs me fit regarder sur la route venant de Fromental et là je vis une file de camions (peut-être 10 ou 12) avec plein de soldats armés et casqués que j'identifiai tout de suite comme étant des Allemands. Ils sont passés sans s'arrêter au village, mais on voyait bien à leur attitude qu'ils étaient sur leurs gardes.
Nous avons su peu après leur passage, par Monsieur M. qui habitait au moulin de Montautre, sur la route de La Souterraine qui ayant vu passer le convoi, avait pris la route en vélo pour venir chez nous au Nouhaud.
Arrivé au croisement de la route de la gare de Fromental et de la route du Nouhaud, il a entendu causer en Allemand, il s'est alors caché dans le bois, d'où il a pu voir les soldats Allemands arrêtés à l'entrée du chemin qui menait au camp du maquis.
Les Allemands causaient très fort et mesuraient au sol les traces laissées par les roues des véhicules des maquisards. Ont-ils été impressionnés par les traces du gros tracteur? Toujours est-il ( et ce fut une chance) qu'ils reprirent leur route.

Autre fait, un matin de mai 1944 vers 5 heures le village du Nouhaud fut encerclé par des G.M.R. qui fouillèrent toutes les maisons du village, probablement à la recherche de maquisards. Ils regardaient dans tous les lits. N'ayant rien trouvé, ils quittèrent les lieux assez vite, mais nous étions passés ce jour là à côté de graves ennuis. Les maquisards avaient déménagé quelques jours auparavant du sucre provenant d'un train déraillé sur la ligne Paris Limoges. Il y en avait peut-être 500Kg chez nous et certainement dans d'autres maisons du village.