J'ai été convoqué au STO le 17 juin 1943.
Quand on a reçu la lettre, on est allé au Pommier chez Monsieur P.
J'y suis resté
seulement 2 ou 3 jours, camouflé dans le foin de la grange. Car des gamins avaient
vu Madame P. nous porter à manger et pendant qu'elle soignait ses lapins, ils sont
venus dans la grange et criaient : "Il y a des voleurs dans la grange."
Bien sûr, il a fallu déménager ;
Après, nous sommes allés à l'Age aux Choux chez S.. Nous y sommes
restés quelques
jours, peut-être une semaine. Ma femme est venue me voir.
Après, on est allé un jour ou deux à Savignat chez C..
Tout ça, on le faisait à pied et de nuit bien sûr.
Le 10 mars 1943, j'ai reçu une convocation pour passer la visite médicale, en
vue du départ pour l'Allemagne (S.T.O.). Nous nous sommes présentés à la mairie.
Il y avait des personnalités pour nous accueillir. Vers le 20 mars, j'ai reçu ma
feuille de route pour l'Allemagne. Je devais me rendre à Stuttgart Avec mon
copain M. A. qui habitait à Bousseresse (La Souterraine) nous décidons de ne
pas partir, bien que nous ayons des inquiétudes pour nos parents. Nous ne nous
sommes pas présentés à la gare de La Souterraine pour le départ. Un appel a été
fait. La milice a alors contacté la gendarmerie pour qu'une enquête soit ouverte
sur ceux qui étaient absents. Fin mars, les gendarmes sont venus à La Prade. Mes
parents ont répondu "il est parti en Allemagne" Ils sont revenus deux
autres fois.
J'étais à Toulouse en zone libre. Je distribuais les tracts du parti
communiste.
Quand les Allemands ont occupé Toulouse, j'ai pris le train pour venir chez moi
à Azerables. J'avais reçu une convocation pour la relève. Cà
ne me disait rien
du tout. J'ai passé une visite médicale puis je me suis enfui. J'allais chez l'un,
chez l'autre, jusqu'à ce qu'on vienne me chercher au Peu de Vareilles chez J..
Quand j'ai reçu la feuille du S.TO., c'est un gendarme de La Souterraine G. qui m'a
apporté la convocation. Je le trouve au pont de la gare.
Il me dit :"il faut signer."
Je lui dis : "je ne signe rien du tout. "
On va chez P.R. qui réparait les vélos et là je lui ai signé
son papier.
Il me dit :"Ce n'est pas ma faute. Je suis commandé. Je suis obligé
d'exécuter. "
J'étais convoqué à Guéret. J'y suis allé par le train
avec un petit gars qui habitait
au champ de foire à La Souterraine. En principe les frais de déplacement
devaient
être pris en charge, mais à Guéret, on nous a demandé de
prendre des billets. Nous
avons refusé, et la femme qui était au contrôle nous a laissé
passer. Dans le train,
de nouveau, on nous a demandé nos billets. Moi, j'avais oublié ma
convocation, mais
mon collègue a pu attester que je revenais de la visite pour le S.T.O..Le
contrôleur,
nous a demandé de prendre des billets à la gare de Saint-Sulpice
Laurière. Je
lui ai dit, qu'il n'en était pas question. A la gare nous avons cassé
la croûte
en attendant la correspondance. C'est à ce moment que deux gendarmes sont venus
nous interroger : "Est-ce vous qui n'avez pas de billets?"
Je leur ai tenu tête, et çà a failli mal tourner, mais je n'ai pas
acheté de billet.
Le 17 juin 1943, ma mère m'avait préparé mes affaires pour partir
au S.T.O. Le
lendemain, je devais prendre le train à La Souterraine pour monter à
Limoges.
Il y avait une réquisition qui avait été faite. Un voisin m'a dit :
" Charles,
on trinquera avant que tu prennes le train. "
Le voisin était là-bas, mais il ne m'a jamais vu.
Mon frère a pris la voiture à cheval et il m'a emmené aux Forges
de Saint-Maurice,
chez un autre frère ; On s'est mis au pied d'un châtaignier (on était 2) pour se
mettre à l'abri. Il pleuvait, c'était quelque chose. On est resté 2 jours. Après,
j'ai été chez L. à (Saint-Maurice la Souterraine).Il nous a accueilli 2 jours aussi.
Au début de Montautre, nous étions sept. C'était début juillet 1943, j'avais quitté
les chantiers de jeunesse à Montmarault peu de temps avant. Là-bas, j'avais été affecté
dans un hôpital entre Moulins et Commentry. C'était les Allemands qui géraient
l'hôpital. Puis on est revenu à Bellenave. Il y avait S., L., A. .
Les premiers résistants étaient des communistes. Certains appelés pour le STO
ont été ramassés. Alors, on a commencé à faire attention. Nous avons récupéré
des habits, des chaussures. A la mairie de La Souterraine on a volé des bons
d'achat pour des habits et de la nourriture. Nous avons été rassemblés au Pont
de Lascoux. J'ai retrouvé mon cousin M. M. et d'autres. Nous n'avions pas encore
de faux papiers ; C'est C. qui nous les fera après .
En 1943, j'ai été réquisitionné pour aller travailler sur le mur de l'Atlantique.
Une grosse publicité était faite pour nous persuader : bon salaire, retour de
prisonniers etc...Je suis allé au cap Ferré. C'était au début de l'année. Puis
un jour, on nous a annoncé que nous allions partir travailler en Allemagne. J'ai
donc décidé de quitter le cap Ferré. Pour cela, j'ai demandé la complicité des
chauffeurs Hollandais qui conduisaient les camions pour l'approvisionnement. Nous
franchissions la zone interdite, pour aller chercher du ciment, munis
d'un " Ausweis ". Il fallait cette autorisation pour franchir la zone ... Six
copains ont décidé de s'enfuir avec moi. Nous nous sommes présentés sur le pont
qui délimitait la zone interdite. Les Allemands nous ont demandé les papiers. Notre
chauffeur a répondu en Allemand qu'ils étaient dans le camion qui suivait. Et nous
sommes passés... De là, nous sommes allés à Andernos à pied, puis vers Bordeaux. Je
me suis rendu chez ma sur qui avait épousé un artisan peintre. J'ai dit " R., il
faut aller chercher des billets à la gare ". On est passé à Saint Savin, et je me
suis rendu au Blanc chez mon patron pour lui expliquer la situation. J'avais donné
l'adresse de mon patron quand j'avais été réquisitionné, mais pas celle de mes parents.
Puis je suis rentré à Saint Vaury chez mes parents. Deux jours plus tard, j'ai eu un
appel téléphonique de mon patron qui avait eu la visite de la police. J'étais
recherché. Je me suis caché à Saint Vaury. Cela devait être au début du mois de
juillet 1943.
J'ai cherché à prendre des contacts avec L. R. de Demoranges. Au début, il était
retissant. Puis un jour , il m'a dit de venir chez lui. Je me suis présenté avec
un paquetage. J'ai passé une nuit aux Loges. Nous étions deux à attendre. De là on
nous a conduit dans un autre endroit ( peut-être chez G. à la Quaire). Nous y avons
encore passé deux ou trois nuits, avant d'arriver à Montautre vers
la mi juillet.
Le 17 juin 1943, j'ai reçu ma convocation pour passer la visite médicale en vue
de partir pour le service du travail obligatoire en Allemagne (S.T.O.). Nous étions
plusieurs ce jour-là, à la mairie de la Souterraine. Il y avait aussi E. G. et
A. L.. Ce sont eux qui nous ont encouragés à ne pas accepter cette convocation.
Ils nous ont conduits en direction inconnue. Je me souviens que le 18 juin,
j'étais chez A. L.
J'étais dans l'armée en janvier 1941 et démobilisé en novembre 1942.
J'étais en permission pour le mois. Et de là, il est venu tous les départs
pour le STO. J'ai eu des frictions avec le secrétaire de mairie; Je lui ai
balancé les papiers pour partir, à travers la mairie et je
suis parti le lendemain. J'ai traversé la ligne de démarcation , j'ai
échoué dans l'Indre de mars 1943 jusqu'à ce que je rentre au maquis. Je me
suis retrouvé à Lignac à la Grande Maison. C'est une ferme, ça dépendait de St
Benoît du Sault.