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Les Maquisards

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Les maquisards

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En 2004, les anciens maquisards de Montautre que nous avons pu retrouver racontent :

Maurice Augros J'ai été convoqué au STO le 17 juin 1943.
Quand on a reçu la lettre, on est allé au Pommier chez Monsieur P. J'y suis resté seulement 2 ou 3 jours, camouflé dans le foin de la grange. Car des gamins avaient vu Madame P. nous porter à manger et pendant qu'elle soignait ses lapins, ils sont venus dans la grange et criaient : "Il y a des voleurs dans la grange."
Bien sûr, il a fallu déménager ;
Après, nous sommes allés à l'Age aux Choux chez S.. Nous y sommes restés quelques jours, peut-être une semaine. Ma femme est venue me voir.
Après, on est allé un jour ou deux à Savignat chez C..
Tout ça, on le faisait à pied et de nuit bien sûr.

Maurice Augros né le 1er avril 1922

Eugène Bonnaud Le 10 mars 1943, j'ai reçu une convocation pour passer la visite médicale, en vue du départ pour l'Allemagne (S.T.O.). Nous nous sommes présentés à la mairie. Il y avait des personnalités pour nous accueillir. Vers le 20 mars, j'ai reçu ma feuille de route pour l'Allemagne. Je devais me rendre à Stuttgart Avec mon copain M. A. qui habitait à Bousseresse (La Souterraine) nous décidons de ne pas partir, bien que nous ayons des inquiétudes pour nos parents. Nous ne nous sommes pas présentés à la gare de La Souterraine pour le départ. Un appel a été fait. La milice a alors contacté la gendarmerie pour qu'une enquête soit ouverte sur ceux qui étaient absents. Fin mars, les gendarmes sont venus à La Prade. Mes parents ont répondu "il est parti en Allemagne" Ils sont revenus deux autres fois.

Eugène Bonnaud né le 20 février 1922

René Boussin J'étais à Toulouse en zone libre. Je distribuais les tracts du parti communiste. Quand les Allemands ont occupé Toulouse, j'ai pris le train pour venir chez moi à Azerables. J'avais reçu une convocation pour la relève. Cà ne me disait rien du tout. J'ai passé une visite médicale puis je me suis enfui. J'allais chez l'un, chez l'autre, jusqu'à ce qu'on vienne me chercher au Peu de Vareilles chez J..

René Boussin né le 5 novembre 1916

Camille Bruat Quand j'ai reçu la feuille du S.TO., c'est un gendarme de La Souterraine G. qui m'a apporté la convocation. Je le trouve au pont de la gare.
Il me dit :"il faut signer."
Je lui dis : "je ne signe rien du tout. "
On va chez P.R. qui réparait les vélos et là je lui ai signé son papier.
Il me dit :"Ce n'est pas ma faute. Je suis commandé. Je suis obligé d'exécuter. "
J'étais convoqué à Guéret. J'y suis allé par le train avec un petit gars qui habitait au champ de foire à La Souterraine. En principe les frais de déplacement devaient être pris en charge, mais à Guéret, on nous a demandé de prendre des billets. Nous avons refusé, et la femme qui était au contrôle nous a laissé passer. Dans le train, de nouveau, on nous a demandé nos billets. Moi, j'avais oublié ma convocation, mais mon collègue a pu attester que je revenais de la visite pour le S.T.O..Le contrôleur, nous a demandé de prendre des billets à la gare de Saint-Sulpice Laurière. Je lui ai dit, qu'il n'en était pas question. A la gare nous avons cassé la croûte en attendant la correspondance. C'est à ce moment que deux gendarmes sont venus nous interroger : "Est-ce vous qui n'avez pas de billets?"
Je leur ai tenu tête, et çà a failli mal tourner, mais je n'ai pas acheté de billet.

Camille Bruat né le 15 aout 1919

Charles Cassat Le 17 juin 1943, ma mère m'avait préparé mes affaires pour partir au S.T.O. Le lendemain, je devais prendre le train à La Souterraine pour monter à Limoges.
Il y avait une réquisition qui avait été faite. Un voisin m'a dit : " Charles, on trinquera avant que tu prennes le train. "
Le voisin était là-bas, mais il ne m'a jamais vu.
Mon frère a pris la voiture à cheval et il m'a emmené aux Forges de Saint-Maurice, chez un autre frère ; On s'est mis au pied d'un châtaignier (on était 2) pour se mettre à l'abri. Il pleuvait, c'était quelque chose. On est resté 2 jours. Après, j'ai été chez L. à (Saint-Maurice la Souterraine).Il nous a accueilli 2 jours aussi.

Charles Cassat né le 27 avril 1922

Raymond Mourioux Au début de Montautre, nous étions sept. C'était début juillet 1943, j'avais quitté les chantiers de jeunesse à Montmarault peu de temps avant. Là-bas, j'avais été affecté dans un hôpital entre Moulins et Commentry. C'était les Allemands qui géraient l'hôpital. Puis on est revenu à Bellenave. Il y avait S., L., A. .
Les premiers résistants étaient des communistes. Certains appelés pour le STO ont été ramassés. Alors, on a commencé à faire attention. Nous avons récupéré des habits, des chaussures. A la mairie de La Souterraine on a volé des bons d'achat pour des habits et de la nourriture. Nous avons été rassemblés au Pont de Lascoux. J'ai retrouvé mon cousin M. M. et d'autres. Nous n'avions pas encore de faux papiers ; C'est C. qui nous les fera après .

Raymond Mourioux né le 28 juin 1922

Emile Olivier En 1943, j'ai été réquisitionné pour aller travailler sur le mur de l'Atlantique. Une grosse publicité était faite pour nous persuader : bon salaire, retour de prisonniers etc...Je suis allé au cap Ferré. C'était au début de l'année. Puis un jour, on nous a annoncé que nous allions partir travailler en Allemagne. J'ai donc décidé de quitter le cap Ferré. Pour cela, j'ai demandé la complicité des chauffeurs Hollandais qui conduisaient les camions pour l'approvisionnement. Nous franchissions la zone interdite, pour aller chercher du ciment, munis d'un " Ausweis ". Il fallait cette autorisation pour franchir la zone ... Six copains ont décidé de s'enfuir avec moi. Nous nous sommes présentés sur le pont qui délimitait la zone interdite. Les Allemands nous ont demandé les papiers. Notre chauffeur a répondu en Allemand qu'ils étaient dans le camion qui suivait. Et nous sommes passés... De là, nous sommes allés à Andernos à pied, puis vers Bordeaux. Je me suis rendu chez ma sœur qui avait épousé un artisan peintre. J'ai dit " R., il faut aller chercher des billets à la gare ". On est passé à Saint Savin, et je me suis rendu au Blanc chez mon patron pour lui expliquer la situation. J'avais donné l'adresse de mon patron quand j'avais été réquisitionné, mais pas celle de mes parents. Puis je suis rentré à Saint Vaury chez mes parents. Deux jours plus tard, j'ai eu un appel téléphonique de mon patron qui avait eu la visite de la police. J'étais recherché. Je me suis caché à Saint Vaury. Cela devait être au début du mois de juillet 1943.
J'ai cherché à prendre des contacts avec L. R. de Demoranges. Au début, il était retissant. Puis un jour , il m'a dit de venir chez lui. Je me suis présenté avec un paquetage. J'ai passé une nuit aux Loges. Nous étions deux à attendre. De là on nous a conduit dans un autre endroit ( peut-être chez G. à la Quaire). Nous y avons encore passé deux ou trois nuits, avant d'arriver à Montautre vers la mi juillet.

Emile Olivier né le 03 juillet 1921

Camille Vaugelade Le 17 juin 1943, j'ai reçu ma convocation pour passer la visite médicale en vue de partir pour le service du travail obligatoire en Allemagne (S.T.O.). Nous étions plusieurs ce jour-là, à la mairie de la Souterraine. Il y avait aussi E. G. et A. L.. Ce sont eux qui nous ont encouragés à ne pas accepter cette convocation. Ils nous ont conduits en direction inconnue. Je me souviens que le 18 juin, j'étais chez A. L.

Camille Vaugelade né le 29 mai 1922

Bernard Violon J'étais dans l'armée en janvier 1941 et démobilisé en novembre 1942. J'étais en permission pour le mois. Et de là, il est venu tous les départs pour le STO. J'ai eu des frictions avec le secrétaire de mairie; Je lui ai balancé les papiers pour partir, à travers la mairie et je suis parti le lendemain. J'ai traversé la ligne de démarcation , j'ai échoué dans l'Indre de mars 1943 jusqu'à ce que je rentre au maquis. Je me suis retrouvé à Lignac à la Grande Maison. C'est une ferme, ça dépendait de St Benoît du Sault.

Bernard violon né le 28-05-22