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Le camp attaqué

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L'attaque

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La copie du rapport du préfet au gouvernement de Vichy : cliquez ici

Dans le livre "Le temps du maquis" (première édition) pages 158 à 160 Marc Parrotin a écrit :

C'est une chance que, ce matin du 19 août 1943, Bruno, chargé de la relève de la garde, soit trompé par sa montre alors qu'elle marque cinq heures (heure anglaise) et qu'elle avance, sans qu'il s'en doute, de 20 minutes, il prend son fusil et va, sous les marabouts voisins, réveiller ses camarades désignés pour les postes et la patrouille. Le grand Roger doit prendre sur Montoys, tandis que Robert et lui se posteront tout en bas de la pente boisée qui domine le pacage ; quant à son frère, à Milou et à Brinou, ils se chargeront de la ronde à l'orée du bois, tout autour du camp.
Il fait à peine jour et le brouillard est tellement épais que, si à la lisière on distingue encore à une dizaine de mètres devant soi, sous le couvert, on ne voit pas à plus de trois pas. Roland ne trouve personne quand il arrive à son poste de garde ; la sentinelle, recrue de fatigue, n'a pas attendu la relève et, comme l'aube point, est partie se coucher avant d'être remplacée. Le maquisard prend sa faction. Il s'ennuie du silence pesant et des écharpes impénétrables de la brume, Il a grande envie de griller une cigarette, bien que ce soit défendu, quand un reflet métallique luit, suivi d'une forme qui bouge.
Roland pointe sa mitraillette et met le doigt sur la détente.
« Qui va là ?
- La Garde Mobile !
- Halte !
Le maquisard tire, lâchant son chargeur en deux longues rafales, puis, pour recharger son arme, se jette derrière un tronc protecteur.
Alertée, la patrouille, à quelque cent mètres sur la droite, se déploie à la lisière du bois, prête à supporter une attaque qui ne vient pas tout de suite. Les maquisards entendent des ordres brefs, des froissements d'herbe dans le pacage, des craquements de branchages qui ponctuent leur angoisse. Ils tirent des coups de feu, sans rien savoir des assaillants.
Roland est remonté vers les cabanes et a fait son rapport à Bernard (René Boussin) le jeune chef. Tous les réfractaires sont en alerte depuis l'écho des premières détonations. Ceux qui ont une arme affectée sautent sur le fusil ou la mitraillette et s'installent aux positions assignées par Bernard qui repartit ses hommes armés autour du camp, afin d'éviter toute surprise puis il distribue les tâches à ceux qui n'ont rien pour se battre et, dans les cabanes, fébrilement, on garnit les chargeurs des stens et l'on amorce des grenades Mills.
Brusquement, des cris farouches s'élèvent autour du bois et, tout aussitôt, la fusillade retentit. L'ennemi attaque ! Son tir, mal réglé, passe haut dans les arbres et une grêle de balles crépitent dans le feuillage. Simultanément, les maquisards font feu, de toutes les armes dont ils disposent. Ils y voient, maintenant, et tiraillent sans discontinuer sur les Gardes Mobiles de Vichy. Malheureusement, leur vieux fusil mitrailleur s'enraye avant d'avoir fini de tirer son premier chargeur. Alors Vidal, son servant, le courageux combattant de la guerre d'Espagne, se lève et balance des grenades qui explosent plus bas dans un fracas terrible et assourdissant.
L'élan des mercenaires est brisé. Il se retirent derrière les arbres, entraînant leurs blessés. Pendant un long moment, de rares coups de feu sont echanges. Et puis, les ennemis du Maquis repartent à l'attaque. On les laisse approcher à quelques dizaines de mètres et les stens crachent ànouveau la mitraille. Quatre fois, ils approchent du camp en poussant des cris sauvages et sont obligés de se replier dans le bocage.
Bernard veut continuer la résistance. Il va de poste en poste, encourageant l'un, retenant l'autre, mais la lutte est inégale et la situation des assiégés se révèle bientôt insoutenable ils ne sont que vingt gars armés, dont beaucoup combattent pour la première fois ils ne disposent que d'une douzaine de mitraillettes, de sept fusils, de quelques revolvers et d'une vingtaine de grenades défensives leurs munitions seront vite épuisées. En face d'eux, des centaines de gardes mobiles, bien armés, bien entraînés, et sûrs de recevoir des renforts importants.
Le chef des Maquisards secondé et conseillé par Vidal, donne à ceux du camp l'ordre de se préparer au repli en se chargeant du matériel le plus utile. Ayant compris par où son maquis peut se retirer, il organise et commande le décrochage de la petite troupe. Il est temps, car les mercenaires arrivent à la hauteur des cabanes et mitraillent le sous-bois. Roland, le brave en sentinelle, est touché à la cuisse en quittant son poste ; mais, il ne tombe pas, et, serrant les dents, rejoint ses camarades. Le repli, ralenti par la présence du blessé, s'effectue en bon ordre ; mais quelques gars ont préféré prendre une autre direction que celle ordonnee par Bernard et sont faits prisonniers. Marchant en plein jour à travers les champs, les guérets et les bois, le gros des maquisards se replie vers l'Est en direction de St-Priest-La-Feuille où ils savent trouver un bon accueil. Ils peuvent, à chaque franchissement de route, à chaque carrefour, tomber sous le feu d'une embuscade ennemie ; aussi vont-ils jusqu'à treize heures, sans s'arrêter, évitant les villages. Il fait une chaleur accablante et, pour étancher leur soif, ils doivent se contenter de boire l'eau des ruisseaux. Près d'une ferme, au Nord-Est du bourg de St-Priest, des paysans les aperçoivent et leur font signe d'approcher. Ces braves gens s'empressent de les restaurer, donnant des tourtes de pain bis, des fromages et du vin. Les gars se reposent un peu puis reprennent armes et bagages et continuent leur marche vers le Nord-Est. Ils seront bientôt au Puy de Lantais où l'on décide un cantonnement provisoire dans le bois proche de la route nationale.
La liaison a été rétablie avec le C.M.R. qui tient conseil dans le hameau. Peu après, conduits par quelques-uns de leurs ravitailleurs, dont le jeune communiste Lucien Lacroix de Grand Bourg, les maquisards gagneront la colline boisée de Châtelard, près des Grandes Loges dans la commune de Fleurat.
A l'ouest, là-bas, sur le camp de Montautre, un lourd panache de fumée s'élève au-dessus des arbres tandis que dans le sous-bois crépite le feu qui embrase les cabanes incendiées par les mercenaires de Vichy.
L'écho de l'attaque du premier Maquis creusois a retenti bien loin, au coeur d'une population de patriotes toujours prête à épouser une juste cause.

En 2004, les anciens maquisards de Montautre que nous avons pu retrouver racontent :


Maurice Augros Le jour de l'attaque, on n'était pas au camp. On était parti la veille au ravitaillement. On était 4 : C., M., L. et moi. On avait couché dans la grange chez G. ou chez moi. Moi, je couchais avec ma femme, on était marié du 8 juin.
Le 19 août au matin ,(il fallait rentrer avant le jour) on n'avait pas encore traversé la voie (on traversait en face le moulin de Montautre) quand on a entendu qu'ils mitraillaient. M. avait le revolver avec 4 balles. On a dit : « Ce n'est pas la peine d'insister. »
On a camouflé le pain dans un vieux châtaignier et on a fait demi-tour. On est allé se camoufler dans le champ de topinambours.
Ma femme gardait les vaches un peu plus bas (à côté de la Semme). J'ai dit à C. : « Tu vas aller lui dire qu'on est là. » On y est resté une partie de la journée et on s'est rapproché du village. Un voisin nous a apporté du ravitaillement et le soir on est allé chez ses parents (mon beau père) au Puy Robin.
Il ne fallait pas trop se faire voir. On voyageait la nuit.

Maurice Augros

René Boussin Ils n'étaient pas tellement nombreux au début. Ils avaient un camion peut-être.
Il y en a qui ont pris le chemin (la route maintenant) qui va à Chabannes. Il y a des prés au bout.
Il y en a qui sont arrivés de l'autre côté. Il y avait un grand pré et là c'était un étang marécageux.
Quand les renforts sont arrivés , c'était trop tard. Quand ils sont remontés à midi, c'était fini. On avait évacué. L'attaque a commencé, le jour n'était pas levé.
Quand on a vu qu'ils étaient si nombreux, on a dit : « Ce n'est pas la peine d'insister. » Il y en a 3 ou 4 qui ont continué pendant qu'on pliait bagage.
Les 7 c'est par ici qu'ils se sont faits arrêter.
Les balles se perdaient dans les feuilles, ça sifflait. Il n'y avait pas de balles explosives. Les balles passaient au-dessus de nous. Elles sectionnaient des branches qui éclataient. Cà faisait de la grêle qui tombait sur nous. Au début, ils tiraient sur la cime des arbres pour nous intimider.
On a essayé de résister , mais que vouliez-vous qu'on fasse ? On n'était pas armé. On n'avait pas suffisamment de munitions. Le seul fusil mitrailleur qu'on avait , au bout de 3 balles , s'est enrayé. Après, on a tiré avec les mitraillettes. C'est ce qu'on avait de mieux.
Nous avons eu 7 prisonniers. Ils sont revenus chercher leurs affaires. Nous, on est parti par là. Il y a eu un blessé à la cuisse (C.) mais il est parti avec nous. Il pouvait marcher.
La majorité du camp a pu s'évacuer à part les 7.
Les armes ,c'est bien joli, mais il faut des munitions. On n'avait pas grand-chose. On avait un fusil mitrailleur qui s'est enrayé, quelques fusils de chasse, des revolvers, quelques mitraillettes. J'avais une dizaine de gars armés. Il valait mieux évacuer, enlever les armes et les munitions en priorité.

René Boussin

Camille Bruat Quand ils se sont faits prendre, le groupe d'Estienne d'Orves y est allé en plein jour pour les aider.Nous avions les mitraillettes et même le FM. Mais on est arrivé trop tard. C'est V. qui a lancé la dernière grenade pour protéger le repli des maquisards... Nous, on a fini au Pommier chez le père Pailler qui nous a fait des omelettes et on est reparti de nuit. Nous étions neuf. Il manquait seulement D. qui était resté de garde au camp des Gandys.

Camille Bruat

Charles Cassat Le matin de l'attaque, un GMR a été tué. Ils se le disaient entre eux. Les gardes mobiles venaient de Montmorillon. On les a entendu arriver (des camions, des side cars). Ils étaient nombreux 200 ou 300. Au moment de l'attaque, le fusil mitrailleur était enrayé. V. a attaqué avec des grenades.
M. A. a été prisonnier avec 4 ou 5 autres. Ils sont remontés au camp chercher leurs valises. Il y avait V., A., G., C.. C. a été blessé. Il a été amené à l'Age aux choux chez S.. M. A. m'avait raconté qu'ils les avaient emmenés à la gare de Fromental avec des menottes et à coups de poings dans la gueule. C'étaient des brutes. On nous prenait pour des terroristes. A Montautre, les GMR ont tout fait brûler.

Charles Cassat

Raymond Mourioux Le jour de l'attaque, je n'étais pas au camp. Nous étions partis la nuit au ravitaillement chez G.. Nous avons dormi dans la grange à M. A.. Nous étions quatre. Il y avait L. E., C. C., M.A. et moi-même. Le matin de bonne heure, nous avons repris la direction du camp, chargés des tourtes de pain pour nos camarades. C'est près de la maisonnette de la Bauche, avant d'arriver à la voie ferrée que nous avons entendu les premiers coups de feu. La maisonnette était habitée à ce moment-là par L.. Il vit toujours. Il a au moins 94 ans.
On a déposé le pain sur un vieux châtaignier et on s'est caché. Nous avions peu d'armes : un colt et une mitraillette.

Raymond Mourioux

Emile Olivier Le lendemain matin, j'ai donc réveillé tout le monde comme prévu. Mais ma montre avançait de 20 minutes, et je suis descendu avec les frères C. au poste de garde vers la chaussée de l'ancien étang en avance. Devant nous, c'était une zone de joncs, dont j'ai un très vague souvenir. C., a tout de suite remarqué, malgré un brouillard très épais, des déplacements dans cette zone. Les premiers tirs ont commencé. Moi j'avais un vieux fusil. Tout le monde est arrivé à la rescousse. V. a pris position de suite au fusil mitrailleur. Il a tiré 3 balles et le fusil mitrailleur s'est enrayé. Il tapait avec un marteau et disait : " Tu peux l'armer ta culasse mobile ". Le fusil mitrailleur était reparti un peu.
Nous ne disposions au total que d'une vingtaine de fusils. C'était peu. Nous étions arrosés du tir des adversaires. Les balles passaient au dessus de nos têtes. Des branches des feuilles tombaient, transpercées par les rafales. Çà pétaradait ! Il y a eu plusieurs accalmies, puis de nouvelles attaques. Ils étaient au bout de la chaussée. Ils ont essayé de passer, à droite de notre position, mais ils ont été bien reçus.
C'est vers 9 ou 10 heures que nous avons décidé de battre en retraite. Nous avons récupéré quelques affaires dans les baraques. Moi j'ai pris ma couverture, que j'ai conservée depuis ce jour bien précieusement. C'est à ce moment qu'un petit groupe avec M. A. a voulu s'enfuir par la droite de l'attaque. J'ai dit à M. " ne passe pas par là ". Ils ont été pris. J'ai revu M. après la guerre, à son retour de déportation. Tous les autres se sont échappés dans la direction de Chabannes. Nous sommes sortis sans problème. Nous avons marché plusieurs kilomètres. Des paysans, alertés par les coups de feu des armes et en nous apercevant, sont venus vers nous pour apporter de l'aide. Nous avons pu boire et manger. Il n'y avait que C. qui était blessé à une jambe. Je crois qu'il avait été touché au moment de notre fuite.
Le soir nous avons dormi, dans la nature.

Emile Olivier

En 2004, des témoins de l'époque racontent :

Alice Augros Le 19août 1943, je n'étais pas levé quand j'ai entendu « péter ».
J'ai dit à ma belle-mère : « qu'est-ce qui pète comme ça ? »
Elle me dit : « Tu sais, c'est les soldats sans doute. »
Je lui demande : « Est-ce que je vais au champ quand même garder les vaches ? » Et elle me dit : « oui, oui, tu n'as qu'à les emmener près de l'étang, dans le fond. Tu ne risques rien. »
Et ça « pétait » toujours .
J'étais en train de  coudre tranquillement et j'entends quelqu'un arriver derrière moi. J'ai eu peur, je me suis dit : « qu'est-ce qui s'amène là ? »
J'ai reconnu C. C. qui me raconte tout ça : « On n'a pas pu arriver ce matin. Les GMR sont là-haut et puis ça « pète ».On a fait demi-tour, on a déposé le ravitaillement dans un arbre. On ne pouvait pas rester là-haut. Il fallait se rapprocher du village. »
C. n'est pas resté longtemps avec moi. Il s'est en allé. Bien sûr, dans la matinée, ils sont passés (je gardais toujours les vaches), ils sont rentrés dans ce taillis. Mon mari a dit : « On reste là, tu nous porteras à manger une omelette aux pommes de terre. » C'est ce qu'on a fait.
Mais le soir, ils ne pouvaient pas coucher là-haut. Il n'y avait rien pour coucher. Ils se sont rapprochés dans la grange, au Puy Robin chez mes parents. (ce n'était pas bien loin)  Ils ne pouvaient pas rester chez nous à Bordessoules. Il n'y avait pas de place.

Alice Augros

Robert Charbonnier Le jour de l'attaque du camp, les G.M.R. sont arrivés au Nouhaudtrès tôt le matin. Ils se sont installés près de la dernière maison du village. Dans la grange, ils ont mis du matériel et sont partis en direction du bois de Montautre. Ils n'ont pas suivi le chemin, mais sont passés à travers champ (chemin qui allait du Nouhaud vers Chabannes). A 150 mètres d'ici, ils ont disparu dans les prés. Ils ont atteint le camp par l'ancien étang, qui était vide à cette époque. (il était vide pour des raisons sanitaires: moustiques)
Ce jour-là, il y avait du brouillard très épais, qui limitait la visibilité. C'est certain que pour les G.M.R. qui ne connaissaient pas le terrain, la présence du brouillard et un terrain peu praticable avaient dû compliquer l'approche. Il paraît d'ailleurs assez peu probable que l'attention des maquisards qui montaient la garde ait pu être attirée, comme cela a été écrit, par un scintillement de casque, mais plutôt par les difficultés rencontrées par les G.M.R. pour tenter d'approcher du camp. Ensuite après cette approche difficile, ils ont certainement pu se déployer pour attaquer la butte. Vers 10h.ma mère se souvient qu'ils ont demandé des renforts. Voyant la tournure que prenaient les évènements, ma mère a demandé à mon père de nous conduire (3 enfants) chez ma grand-mère à la TRAVERSE (FROMENTAL). C'est ainsi que, partant à vélo, nous avons été arrêtés par un garde mobile qui nous a appris que l'attaque venait de cesser et qu'il était inutile de partir.
Les gardes mobiles sont revenus et ils ont mangé dans la cour de la ferme G.. Ils avaient une "roulante"(camion cuisine) et des camions pour le transport des gardes mobiles. La roulante était garée dans la cour de G., à environ 30 mètres de chez nous. Ils étaient environ 80. En ce qui concerne les gradés, ils ont demandé à Madame G., s'ils pouvaient manger chez elle, mais elle leur a interdit l'entrée de la maison. Acceptant toutefois qu'ils restent dehors dans la cour.
(Le fils G. venait d'être arrêté depuis quelques jours et la famille était sans nouvelles de lui (il a été déporté à Dachau)
Quand les gardes mobiles sont revenus , il y avait un homme blond avec eux. Cet individu, on l'avait vu arriver quelques jours auparavant. Il était passé à pied, environ huit ou quinze jours avant l'attaque. D'habitude, quand un étranger passait au Nouhaud, souvent il cherchait le camp des maquisards et il demandait la direction du "Grand Fayen". Or, cet individu n'avait rien demandé et Roland Pascal et moi, on l'avait suivi des yeux pour voir où il allait. Il avait pris la direction du camp. Après l'attaque, cet homme était parti avec des gardes mobiles dans un side-car, leur disant qu'il savait où un maquisard était caché. En effet, ils sont revenus peu de temps après avec un prisonnier: C'était un Espagnol assez âgé, d'environ 50 ans. Les gardes mobiles ont essayé de le questionner. Pour cela, ils ont demandé à la femme du 2ème fils G. de servir d'interprète (elle était catalane). Mais elle a expliqué que le catalan et l'espagnol, n'avaient pas vraiment de rapport et qu'elle ne comprenait pas l'espagnol.
Cet Espagnol, lui, je l'avais déjà vu, car j'allais souvent tout près du camp dans les champs de G.

Robert Charbonnier

Georges Fedon Le jour de l'attaque, les GMR, qui n'avaient pu finir leur sale boulot dans la journée, cherchaient un peu dépités des postes de téléphone, pour faire savoir à leur famille qu'ils étaient maintenus sur place. Ils sont venus à Lascoux, car nous avions un téléphone. Une dizaine de GMR avec un chef sont venus communiquer avec leur famille. Ils ont ensuite réglé les communications. Etant en armes, ils avaient déposé celles-ci un peu partout (à la porte de la maison et même à l'intérieur). Ils devaient bien être perturbés car l'un d'entre eux a laissé son fusil à la maison. Et je revois mon père (après bien des hésitations) le fusil à la main rattraper le soldat qui avait bien fait 50 mètres et l'interpeller en lui disant: "On peut dire que vous êtes un fameux soldat !" Mais dans la petite troupe de malfaisants, personne n'a bronché et tous baissaient la tête. Les GMR étaient assez âgés, peu motivés et peu fiers de leur action contre le maquis.

Georges Fedon